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LES ACTU' CLC

Analyse marché Dommages

LES ACTU' CLC - Publiée le 29/10/20
DIRECTION TECHNIQUE DOMMAGES SIACI ST HONORE
 
ANALYSE DE MARCHE DOMMAGES
T4 2020
 
 
 
Tendance générale
 
 
Après 15 ans de cycle baissier ininterrompu, sauf dans certains secteurs présentant des risques aggravés et/ou sinistrés, le marché européen a marqué une forte tension à partir d’octobre 2018. Ce retournement visait alors les activités de type volatil à savoir présentant une sinistralité dégradée et/ou des risques lourds.
Cette vague s’est amplifiée progressivement pour se généraliser à partir du T3 2019 en prévision des renouvellements de janvier 2020.
La crise sanitaire du Covid-19 ainsi que les résultats dégradés des assureurs en 2019 et au 1er semestre 2020 (en partie lié à la crise Covid) a considérablement accentué cette situation de marché dur.
Si ce type de redressement des termes et conditions est classique des phases de marchés durs, le cycle actuel présente une caractéristique inédite. Ainsi, les principaux assureurs ont développé une adversité contre la volatilité. Cette crainte de la volatilité s’explique par :
  • les résultats dégradés des assureurs depuis 2017, avec une perspective de Combined Operating Ratios (COR) supérieurs à 100% pour 2020 pour l’essentiel des assureurs, soit une 4ème année de suite de mauvais résultats.
  • L’effet de la réglementation « Solvency 2 » ayant accru le besoin en capital, en face des engagements pris.
 
Cela se traduit globalement par des refus de participation en « affaires nouvelles », ou de sortie ou de réduction importante de participation sur des affaires en portefeuille, afin de désensibiliser celui-ci au plan de la volatilité. Les % de participation en apérition dépassent rarement 35%.
 
Il est à noter que ce cycle de redressement fut initialement plus piloté par le marché de l’assurance directe que par celui de la réassurance, dont les positions étaient plus stables jusqu’à la crise du Covid-19. On observe que, l’impact de la pandémie a fait plonger les réassureurs à leur tour dans la crise à partir de l’été 2020 renforçant encore la prudence des cédantes. Avec la crainte d’une baisse de l’encaissement à moyen terme (perte de matière assurable) combinée à plus de 200 Md€ de pertes annoncées à l’échelle mondiale pour les marchés de l’assurance et de la réassurance (dont 50% de pertes techniques et 50% de pertes sur dépréciations d’actifs), la crise sanitaire va probablement amener une augmentation de la dureté et de la durée du cycle de « hard market ».
 
Il est à noter que les Traités de réassurance sont annoncés en forte majoration pour 2021 ce qui constitue un moteur complémentaire au marché haussier.
 
 
Capacités du marché
 
 
Avec une capacité cumulée de 6 Md€+ en stabilité par rapport à 2019, le marché de l’assurance Dommages demeure sur capacitaire. Cette donnée est toutefois théorique car on observe une « crise de l’offre » du fait de l’extrême prudence du marché face à la volatilité des risques industriels et naturels.
 
 
Evolution des garanties
 
 
Les assureurs sont en retrait au plan des garanties, comme une conséquence du marché dur. Des opérations de « remédiation » des textes de polices sont organisées à grande échelle. Chaque assureur impose d’insérer un « avenant de remédiation » au risque de résilier la police en cas de refus.
S2H négocie chacun de ses avenants au mieux de l’intérêt des clients. Les principaux axes de remédiation sont de retirer toutes les garanties susceptibles d’exposer les assureurs à des risques systémiques. Sont particulièrement visées :
  • Les extensions « Carences de fournisseurs/clients », en particulier les « carences indirectes » et, à un degré moindre « Carences directes non dénommées », qui étaient déjà dans le collimateur depuis les renouvellements de 2018, du fait de la sinistralité lourde ayant affecté ces garanties tant en Incendie qu’en Evénements naturels;
  • Les couvertures « Cyber » que les assureurs dommages refusent désormais de délivrer. Si cette demande ne nous apparait pas choquante, tant la couverture Cyber relève d’une branche bien spécifique, S2H est très attentif à ce que les assureurs n’excluent pas les conséquences matérielles, comme le marché de la réassurance y incite;
  • Exclusion des risques sanitaires afin d’immuniser les contrats contre des pertes d’exploitations due à une pandémie, épidémie, panzootie ou épizootie. Les deux clauses dominantes sont les LMA5393 et LMA5397 que chaque assureur traduit à sa façon, mais qui a le même sens.
 
 
Sinistralité
 
 
Sinistralité industrielle : plusieurs sinistres incendie de plus de 20 M€ sont survenus depuis 2018 avec trois secteurs particulièrement impactés : l’industrie agro-alimentaire, le traitement des déchets et la filière automobiles. Cette sinistralité pèse sur les résultats et l’attitude des assureurs. Plus que jamais, la prévention est clé pour négocier des termes et conditions performants.
Au global la sinistralité des risques Dommages aux biens professionnels sur le marché français a augmenté de 33% entre 2018 et 2019, essentiellement du fait du sinistre Lubrizol (269 M€). Sans ce sinistre, la sinistralité aurait été stable (+2%). 
Il est à noter que l’explosion de nitrate d’ammonium survenu au Port de Beyrouth le 4 aout 2020, d’une puissance bien supérieure à l’explosion du même produit chez AZF à Toulouse le 21 septembre 2001, représente 7,5 Md€+ de pertes économiques dont entre 1,5 et 2 Md€ de pertes assurées. Le marché de la réassurance est le principal impacté, dont 400 M€ de pertes pour Munich Re. Les assureurs continentaux ont été peu impactés, même s’il faut noter des sinistres ponctuels.
 
Evénements naturels : les catastrophes mondiales ont causé 56 milliards de dollars de pertes assurées en 2019, le meilleur résultat depuis l’Annus horribilis de 2017.
Les pertes économiques totales dues aux catastrophes naturelles et d'origine humaine en 2019 s'élèveront à environ 140 milliards de dollars contre 176 milliards de dollars milliards d'euros en 2018.
L’année 2019 aura été marquée par quinze événements météorologiques extrêmes liés au réchauffement de la planète, avec pour particularité d’avoir eu des conséquences humaines et économiques particulièrement désastreuses (incendies en Californie, typhons Hagibis et Faxaï au Japon, Ouragan Dorian,…).
L’année 2020 est pour l’instant plutôt calme à l’échelle mondiale avec une sinistralité de fond restant importante (feux de forêt, inondations, tempête Alex début octobre 2020…).
 
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